Georges Méliès 1861-1938
Cinéaste français.
Georges Méliès est l'une des figures les plus
étonnantes du cinéma naissant.
Il tourne son premier film quelques mois après les
frères Lumière, en 1896. Il en réalise plus
de 500 en 17 ans de carrière.
Ce créateur du spectacle cinématographique est
aussi l'inventeur de tous les truquages utilisés au
cinéma.
Père des actualités reconstituées, des films
publicitaires, des féeries, de la science-fiction et de
bien d'autres genres au cinéma, il connaît une
renommée mondiale en 1902 avec son Voyage dans la
Lune.
L'allée Georges Méliès est
située dans le quartier des
Sciences. Elle donne au Sud de
l'avenue Marie Curie.
Une fontaine Wallace datant de 1872 est installée
dans cette allée, en décoration.
Malheureusement, en 2010, la partie haute de la fontaine a disparu.
Les fontaines Wallace sont des points d'eau potable
publics qui se présentent sous la forme de petits
édicules en fonte présents dans plusieurs villes
dans le monde. C'est à Paris qu'elles furent
implantées en premier et qu'on en trouve le plus grand
nombre. Elles tiennent leur nom du philanthrope britannique
Richard Wallace qui finança leur édification. D'une
grande réussite esthétique, elles sont reconnues
dans le monde entier comme un des symboles de Paris.
Pendant la guerre de 1870 déclarée par
Napoléon III contre la Prusse, Paris connaît des
temps très durs. La reconstruction de la capitale est
très rapide, malgré les ravages: en moins de dix
ans, elle est transformée. La mode est à la
philanthropie : les bourgeois fortunés financent de
nombreuses " bonnes œuvres ". Parmi ces philanthropes,
Sir Richard Wallace est l'un des plus éclectiques
et des plus discrets. Ayant hérité de son
père une grande fortune en août 1870, il
décide d'en faire profiter les Parisiens, ce qui lui vaut
une grande popularité. Il fonde également un
hôpital, s'occupe de l'accueil des victimes des
bombardements et de la distribution de vivres à la
population. Il restera toujours fidèle à sa nation
d'adoption, la France, où il repose désormais, au
cimetière du Père-Lachaise.
Les fontaines portant son nom comptent parmi ses nombreuses
contributions au patrimoine parisien.
Suite au siège de Paris et à la Commune, de
nombreux aqueducs sont détruits, et le prix de l'eau,
déjà élevé, en est
considérablement augmenté. De nombreux
démunis se trouvent dans l'impossibilité d'en
trouver gratuitement. Le besoin urgent de ces " brasseries des
quatre femmes " est clairement prouvé par la vitesse
à laquelle le projet est concrétisé. Encore
aujourd'hui, où l'eau et l'hygiène ne sont pas un
problème pour la grande majorité des Parisiens, ces
fontaines sont souvent les seuls points d'eau gratuits pour des
personnes comme les SDF. Riches ou pauvres, tous les passants
peuvent s'y désaltérer.
La philosophie de Wallace est d'aider efficacement et
discrètement ceux qui en ont besoin : les fontaines sont
la manière d'y parvenir tout en réalisant son
souhait d'embellir Paris, sans faire dans le spectaculaire.
Richard Wallace conçoit lui-même ces fontaines,
faites pour allier esthétique et utilité.
Il en confie la charge à Charles-Auguste Lebourg,
un sculpteur à qui il a déjà fait appel. Ce
Nantais améliore les croquis de Wallace, pourtant
déjà très précis et
réfléchis, pour faire de ces fontaines de
véritables œuvres d'art.
La réalisation des fontaines sera l'œuvre des
fonderies du Val d'Osne, situées en Haute-Marne,
près de Saint-Dizier, grande région de production
de fonte d'art alors.
Il y a quatre modèles de fontaines Wallace. Les deux plus
anciennes ont été conçues par sir Richard
Wallace : une sur socle et une murale.
Le grand modèle (2,71 m pour 610 kg) dont il est question
ici est conçu par Sir Richard Wallace, il s'inspire de la
fontaine des Innocents. Sur un soubassement de pierre de
Hauteville, repose un socle à huit pans sur lequel vient
s'ajuster la partie supérieure composée de quatre
cariatides se tournant le dos et soutenant à bout de bras
un dôme orné d'une pointe, et décoré
de dauphins.
Les quatre cariatides représentent la bonté, la
simplicité, la charité et la
sobriété.
Elles sont toutes différentes, soit par la position de
leur genou et de leurs pieds, soit par la manière dont
leur tunique est nouée au niveau du corsage.
Simplicité et Sobriété ont les yeux
fermés, Bonté et Charité les ont
ouverts.
Elles représentent également les 4 saisons :
Simplicité symbolise le printemps,
Charité l'été, Sobriété
l'automne et Bonté l'hiver.
Le symbolisme est présent sur les huit faces du
soubassement : les 4 plus larges sont décorées d'un
trident autour duquel s'enroule un triton et les 4 autres
montrent une conque de laquelle s'écoule un chapelet de
perles. Conque et perles représentant l'ouïe
et la parole. Ces quatre faces plus étroites sont
en " excroissance " par rapport aux grandes faces ; de
délicats roseaux les ornent latéralement.
Charles-Auguste Lebourg est le sculpteur méconnu
des fontaines Wallace. Né à Nantes en 1830, Lebourg
se forme à la sculpture dans sa ville natale puis à
Paris avec Rude. Il est l'auteur de nombreux bustes, de statues
en marbre ou en bronze, maintenant aux musées de Nantes et
de La Flèche, d'un buste d'Ecorchard au jardin des Plantes
de Paris. Enfin, il est celui à qui Richard Wallace fait
appel pour réaliser son projet "de fontaines à
boire" le plus rapidement possible. Lebourg meurt en 1906
à Nantes.