Général et homme d'Etat français.
Sorti de l'école militaire de Saint-Cyr en 1912, il est
fait prisonnier en 1916. De 1925 à 1927, il est membre du
cabinet du maréchal Pétain, alors
vice-président du Conseil supérieur de la guerre.
Commandant d'un bataillon de chasseurs à pied à
Trèves, il est affecté de 1932 à 1937, au
secrétariat général de la Défense
Nationale.
Nommé général de brigade après avoir
remporté, en mai 1940, quelques succès contre
l'armée allemande, il entre comme sous-secrétaire
d'Etat à la Défense Nationale dans le gouvernement
de Paul Reynaud. Désavouant la politique du gouvernement
Pétain, qui demande un armistice, de Gaulle s'embarque
pour Londres le 17 juin et lance le lendemain, sur les ondes de
la BBC, le célèbre appel du 18 Juin, dans lequel il
demande aux Français de continuer la résistance
contre l'ennemi et de le rejoindre en Angleterre. Condamné
à mort par le gouvernement de Vichy, il organise à
Londres le Comité de la France Libre et obtient
progressivement le ralliement des colonies de l'Empire, puis, en
1942, charge Jean Moulin d'unifier les mouvements de
résistance français. Il suscite toutefois la
méfiance des Américains. Considéré
comme un homme de droite, il obtient néanmoins en 1943 le
soutien du Conseil National de la Résistance,
dominé par des personnalités de gauche, et
crée à Alger le Comité français de
libération nationale, dont il partage jusqu'en octobre la
présidence avec Henri Giraud. Président du
gouvernement provisoire de la République française
(2 juin 1944), il rentre en France après le
débarquement allié en Normandie.
Acclamé dans Paris libérée le 25 août
1944, de Gaulle rétablit l'autorité de l'Etat et
obtient des Alliés que l'armée française
participe à l'occupation de l'Allemagne après la
victoire du 8 mai 1945. Cependant, désavouant les
orientations institutionnelles du nouveau régime, il
démissionne du gouvernement. Résolument hostile
à la IVe République, il fonde en 1947 le
Rassemblement du Peuple Français (RPF), qui remporte
d'abord d'importants succès électoraux, puis, en
1953, décide sa dissolution. Alors, commence la
traversée du désert (1953-1958) pendant laquelle il
publie ses Mémoires de guerre
(1954-1959).
Rappelé au pouvoir à la faveur de la crise
algérienne de mai 1958, il forme le gouvernement, sur
l'invitation du président René Coty, et est
chargé par l'Assemblée Nationale de préparer
une nouvelle Constitution. Massivement approuvée par
référendum, celle-ci fonde la Ve République,
dont Charles de Gaulle devient le premier président le 21
décembre 1958. Il doit d'abord affronter la crise
algérienne, qu'il résout en se ralliant à la
solution de l'indépendance. Malgré le soutien
parlementaire de l'Union pour la Nouvelle République
(UNR), il impose difficilement auprès de la classe
politique le principe de l'élection du président de
la République au suffrage universel.
La politique étrangère de Charles de Gaulle se veut
fidèle à une certaine idée de la France,
dont il entend préserver l'indépendance face aux
grandes puissances. Il dote ainsi le pays de la puissance
nucléaire, quitte l'OTAN en 1966 et mène une
politique de rapprochement avec l'Allemagne, la Chine et les pays
du tiers-monde. Le bilan de sa politique économique est
plus terne, malgré les efforts déployés pour
industrialiser le pays. Réélu en 1965, il est mis
en difficulté par les événements de Mai 1968
et, après l'échec du référendum
d'avril 1969 sur la régionalisation et la réforme
du Sénat, il démissionne. Il se retire alors de la
vie politique et s'installe à Colombey les Deux Eglises
pour poursuivre la rédaction de ses mémoires.
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